Une charrette- Un concours pour tous

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Écrit par
Joëlle Ouellette,
Chroniqueuse

 

Départ : 26 février 2016, à 9h00 du pavillon J.A de Sève, en autobus jaune, pour une destination encore-là inconnue.

Retour : 28 février 2016

Après 1 heure de route, les organisateurs essaient de lever le mystère couche par couche. L’équipe de Ville par Ville, l’émission de radio de nos collègues en urbanisme à CHOQ, nous ont préparé une courte émission, nous donnant par-ci, par-là des indices. Ils ont même créé une charade afin de révéler le nom de la ville.

ROULEMENT DE TAMBOUR dans l’autobus : et c’est…… SHAWINIGAN!

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Zone d’intervention, par Sophie Lamarche, bénévole

Le mandat : créer un tout nouveau quartier connecté, ludique et sur un terrain anciennement industriel et très contaminé. Comble de tout, les participants ont pu se rendre compte que les berges pouvaient être accessibles à partir du site. Un grand « terrain presque blanc, avec des enjeux différents de l’an passé, bref un projet vraiment intéressant » (Marc-Antoine Larivée, bénévole).Ancienne capitale industrielle du Canada, cette ville se renouvelle en se tournant vers les nouvelles technologies et les jeux vidéo.

Ainsi, après un premier tour en autobus et un peu à la marche de la zone d’intervention et de ses environs, les participants ont pu se réchauffer à l’intérieur du DigiHub, un incubateur ingénieux et ô combien technologique. Et pour combler le cœur des enfants (les participants), les murs de l’enceinte comprenaient un magnifique toboggan jaune.

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Conférence avec le président du DigiHub, par Sophie Lamarche, bénévole

Mais pas le temps de souffler que les rencontres explicatives, les séances d’information s’enchaînent pour mettre les participants au parfum des enjeux de la ville, très impliquée dans cet évènement, et du terrain en tant que tel.

Un petit temps mort est célébré par un excellent souper, agréable autant pour les participants que pour le comité organisateur, composé d’une entrée, d’une soupe ou d’une salade, de plats principaux au goût de tous et de desserts succulents. Ce fut ainsi pendant les 3 jours.

Ensuite, les équipes ont pu se réunir pour un premier jet d’idées et de conceptualisation.

Les groupes sont formés par le comité organisateur pour allier forces et connaissances, afin de créer des équipes équitables et aussi pour fournir une expérience formidable à chacun des participants. Les cinq équipes ont alors dû se trouver un nom :

Le Bureau d’en Haut, Hashtag, OHMS, Sans Octet, les Draveurs.

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Travail dans l’autobus, par Sophie Lamarche, bénévole

À la fin de cette fin de semaine intensive, deux grands gagnants ont été proclamés. Le premier prix ainsi que le prix coup de cœur ont été remis à l’équipe OHMS, le deuxième prix fut remis à l’équipe Sans Octet. Le vendredi soir fut, pour la plupart, la plus longue nuit de la fin de semaine, sinon LA nuit. En effet, le marathon débute dès l’arrivée, et même avant, dans l’autobus. Ainsi, vision, problématique, conceptualisation, modélisation et préparation ont été réalisées par chacune des équipes en moins de 40 heures. Le résultat final a été présenté et jugé par le maire de la Ville de Shawinigan, par le professeur Samir Battiss et par Steve Potvin, un représentant de la firme BC2.

Pourtant, chacun des participants, comme pour les organisateurs, ressortent grandi et heureux de cette expérience étrange, intense et parfois trop courte.

« Je n’en reviens pas de ce qu’on fait en projet terminal comparativement à trois jours dans une charrette. On en fait quand même beaucoup en trois jours! » (Léa Neumark-Gaudet, bénévole et VP académique de l’AGEUR).

Le jury, par Sophie Lamarche, bénévole
Le jury, par Sophie Lamarche, bénévole

En termes d’organisation, « c’est tout un travail d’équipe, qui ne serait pas possible sans autant de gens motivés » (Léa Neumark-Gaudet, bénévole et VP académique de l’AGEUR). Pour y arriver, l’équipe a dû combiner les aptitudes et habiletés de chacun des bénévoles afin de créer cet évènement. Pour eux, c’est un travail de longue haleine qui s’achève en des résultats de qualité de la part des participants. « On ne s’en rend pas compte, mais [la charrette nous fait passer] à travers tellement d’étapes, de processus pour en finir avec des résultats, qui étaient vraiment bien [voir exceptionnels] pour le temps alloué » (Sarah Hamel, bénévole et Présidente de l’AGEUR). Pour eux, l’expérience commence donc dès septembre, par la recherche d’une ville motivée ayant un enjeu intéressant. Et « une fois arrivé sur place [l’équipe s’assure] que l’évènement se passe bien » (Marc-Antoine Larivée, bénévole), mais il y a aussi beaucoup de temps libre qui leur laisse le temps de rêver :

« On s’est dit tant qu’à ça, on pourrait aussi bien proposer notre propre dossier et le présenter à la fin… On avait un paquet d’idées et ça aurait été vraiment le «fun »! » (Marc-Antoine Larivée, bénévole)

Pour les équipes, l’expérience commence donc dès le départ. Les participants se regroupent autour d’un café, s’évaluant et se motivant. Ensuite, leurs coéquipiers leur sont révélés à mi-chemin entre Montréal et la ville. Les équipes sont cependant préétablies par les bénévoles, afin de créer un équilibre entre première, deuxième et troisième année, car il est important, dans ce genre d’exercice urbain, d’assurer un partage des tâches selon les capacités de chacun.

Pour une personne en première année, l’expérience est très formatrice en termes de compréhension et d’acquisition de connaissances pratiques : « Si j’avais fait la charrette en première année, j’aurais compris à quoi servait les cours EUT1015 et EUT1014, qui me perdaient et où je n’avais aucune idée où la formulation de problématiques et d’enjeux nous menaient » (Charles Denommé, participant en 3ème année). L’expérience peut donc être décrite ainsi : « Au début, ça fait peur, parce que je ne pensais pas connaître beaucoup de matière. Ensuite, avec l’aide de mes collègues, et l’encadrement du 3ème année [(Charles Denommé)], l’expérience m’a permis de comprendre comment on conçoit un projet de A à Z. Ça confirme plutôt bien ce que j’ai envie de faire » (Teddy Laille, participant en 1ère année).

Pour les deuxième année, « c’est intense, exigeant, très stimulant, vraiment enrichissent, à faire absolument! En gros, c’est comme voir le projet terminal en l’espace de 48 heures » (Alexandre Fleurent, participant en 2ème année).

Dernièrement, l’expérience de la charrette s’étend pour rejoindre les intérêts des participants en 3ème année. En effet, comme plusieurs participants et bénévoles l’ont mentionné, c’est une expérience qui ressemble au processus du projet terminal. « C’est incroyable comme ça fait réaliser des choses sur nos propres projets! » (Charles Denommé, participant en 3ème année). De plus, la participation des 3ème année est essentielle pour un concours comme celui-ci, car il s’agit des personnes ayant le plus d’expérience et de méthodologie, pouvant ainsi « leader » l’équipe et être un « mentor » pour les autres cohortes : « Les première année comme les deuxième arrivent avec plein d’idées et d’archétypes, et ils sont motivés. Mais, en urbanisme, c’est 50 % de connaissances générales et 50 % de bonne méthodologie et d’objectivité, ce que les troisième année amènent souvent! » (Charles Denommé, participant en 3ème année).

Les participants, par Sophie Lamarche, bénévole
Les participants, par Sophie Lamarche, bénévole

Ainsi, les plans de patates conceptuels ressortent souvent et permettent un apprentissage formidable par les pairs, ce qui a une portée, bien entendu, au-delà de l’AGEUR par la rencontre d’acteurs et de l’expérience formatrice.

Bref, cette charrette, comme les précédentes et celles à venir, met en lumière la collaboration entre collègues et le partage des connaissances :

« Les troisième année guident le chemin, et les première et deuxième le tracent! » (Andy Vu, participant en 2ème année).

 

PS : Un merci tout spécial au comité organisateur et à tous les participants de cette charrette, qui ont fait de l’expérience une réussite.